Quand le départ est un retour…

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La croix de Mekiro, aux Gambier

Fakarava, vendredi 13 juillet. Le « vini » sonne, je décroche : « Ton père est mort ». Comment, dès lors, revenir le plus vite possible quand nous avons mis 2 ans pour atteindre l’eldorado polynésien ? Lire la suite

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Bienvenue chez Francisca et la vie maya

 Antigua06112017-IMG_0598-1Situé entre Guate, la capitale, et Quetzaltenango, la deuxième ville du Guatemala, Nahuala vit en retrait de l’agitation urbaine malgré ses 65 000 habitants. A 1800 mètres d’altitude, sous un air pur, nous partageons le quotidien d’une famille sympathique.

Francisca, enseignante à l’école primaire, vit avec ses deux adolescents, Jennifer et Alexander. Catarina, la trentaine, partage leur toit en tant qu’aide à domicile. Celle-ci s’exprime essentiellement en k’iche’, la langue maya la plus parlée au Guatemala avec plus de 2 millions de locuteurs.

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Catarina et la cuisson des harictos secs dans la cour.

 

Le quatuor nous accueille avec une joie manifeste. D’emblée, Coline et Erell se lient avec les deux ados, trop heureux de jouer au foot, de fabriquer des cerfs-volants, des porte-documents en papier journal, de regarder des clips français…

Regarder la vidéo des répétitions de musique

Les filles attendent leur retour de l’école  avec impatience. Malgré les grandes vacances scolaires (d’octobre à décembre), les deux jeunes suivent des cours de soutien ou de perfectionnement à Quetzaltenango. Levés à 5 h du matin, ils s’enfilent 2 heures de mini-bus aller-retour pour revenir, le sac à dos chargé de devoirs, à la maison vers 14 heures. L’instruction est la priorité numéro 1 de leur mère.  Elle-même a dû combiner, dès 14 ans, le travail et les études afin d’obtenir son diplôme, à 20 ans, d’institutrice. Un souvenir douloureux pour elle. A l’heure où, de fait, l’instruction sur Balanec  est plutôt libre, sans programme ni évaluation, j’observe chez ces jeunes une motivation joyeuse et beaucoup d’efforts.

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Le froid, le feu

La journée, nous parcourons les sentiers voisins qui serpentent entre les champs de maïs ; là se cachent les habitations en bois. Nous discutons avec les voisines qui tissent ou brodent de longues heures. Dès que l’après-midi tire à sa fin, nous rentrons bien vite à la maison, poussés par le froid sec et piquant. Certains soirs, Francisca allume un feu dans la cour pour cuire dans un pot en terre, et une bonne partie de la nuit, les frijolles, ces haricots secs noirs, blonds ou rouges incontournables dans la cuisine guatémaltèque. Pour nous réchauffer, malgré nos pulls polaires, elle nous sert une  tasse d’atoll elote (crème de maïs). Sans tarder, nous nous rassemblons dans la cuisine où Catarina prépare le repas tout en cuisant les tortillas. C’est le seul endroit chauffé de cette spacieuse maison en ciment qui ne dispose ni de chauffage, ni de cheminée. Pourtant, la nuit, le thermomètre dégringole à 6 degrés !

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Le sauna maya

Dans ces conditions, nous nous contentons d’une toilette de chat, en attendant le jour divin du temazcal. Il s’agit d’un réduit en ciment dans lequel est préparé un feu. On y rentre quasi accroupis et, comme au sauna, on augmente la chaleur en jetant de l’eau sur les pierres. Cette hutte à sudation est un vrai régal pour se laver ; elle est aussi employée lors des accouchements. On s’y prélasse seul, en couple ou entre copines, suivant ses affinités. Cela apparaît comme une récompense après les dures corvées de la journée. Je vois Catarina et Francisca s’affairer du matin au soir, entre la cuisine, la vaisselle, le feu, le nettoyage du linge, des sols, tout à la main, tout à l’eau glacée. Quelle place reste-t-il pour autre chose ? où trouvent-elles encore de l’énergie pour bavarder de longs moments avec nous, jouer de la musique, surfer sur Internet (car ils disposent d’un abonnement), organiser les ateliers de l’association ASODI.

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Eau et déchets

Dans le bourg de Nahuala, nous déambulons, le jour du marché, entre les stands de fruits et légumes et ceux, innombrables, de tissus fait-main, de tenues bigarrées, petites merveilles colorées. Très peu accoutumée à voir des étrangers, la population nous dévisage et s’étonne quand nous la saluons en k’iche’.

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Nos yeux traînent aussi sur les déchets qui s’agglutinent et dont les bords des routes sont inondés. L’injonction « Ne jetez pas vos déchets » se lit à maintes reprises et même dans l’église ! Sur la façade de la mairie, comme au croisement de routes principales, plusieurs affiches imaginent un Nahuala propre, vert, délivrant les messages élémentaires d’écologie. Vœu pieu ? Aucun camion-poubelle ne décharge les habitants de ce problème. Le service de retrait des ordures, payant, ne s’adresserait qu’à ceux qui peuvent mettre la main au porte-monnaie ? Les autres se débrouillent avec leurs immondices. Concernée, Francisca élève deux poules et trois lapins qui grignotent une bonne partie des déchets organiques. Le reste – papier, carton, plastique… – est brûlé en petit tas devant la maison. A peine calcinées, une cannette et une couche-culotte font de la rétention à l’autonomie citoyenne.

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Nous repartons vers le Rio Dulce plein d’images dans la tête, le cœur rempli de ces échanges avec ces gens simples, fiers de leurs traditions, acceptant les rudesses de leur quotidien tout en imaginant un bel avenir pour leurs enfants.

Lire l’article « Tous volontaires au Guatemala »

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