L’improbable archipel des San Blas

Isla verde0058Au Panama, les croisiéristes sont aimantés par les San Blas, territoire des indiens Kunas. Quelque 340  îlots aux cocoteraies florissantes, protégées par des forêts de palétuviers au sud et de longues barrières de corail au nord. Escale après escale, en deux mois, nous découvrons la vie sous toutes ses formes.

A Walsaladup, la vie sous-marine grouille autour des patates de corail.

SanBlas15012018-IMG_0032Calamars peinards, poissons-flûte à qui ne manque que les trous, diodons ronds comme un ballon, girelles bicolores, raies léopard à la livrée noire tachetée de bleu et aux envols gracieux, chaque sortie snorkeling apporte son lot de frissons. Et, cerise sur le gâteau, tout se mange aux San Blas : mérous, barracudas, poissons chirurgiens, anges, perroquet feu… car la zone est exempte de ciguaterra, une maladie transmise à l’homme par certains poissons et qui affecte la plupart des espaces maritimes coralliens, des Antilles à la Polynésie. Fins pêcheurs, les Kunas proposent aussi langoustes, lambis, crabes géants, poulpes et même de délicieuses araignées de mers.

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A Canbonbia, on nous explique la gestion communautaire des îles.

Détenues par une famille ou plusieurs, les îles ne sont jamais propriété individuelle et encore moins étrangère. A tour de rôle, les membres du groupe y séjournent, entretiennent la cocoteraie et vendent les noix de coco aux Colombiens.

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A Tiadup, on se promène parmi les déchets.

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Tout l’archipel est concerné. Poste avancé dans l’océan, les San Blas réceptionnent les déchets du large, bouteilles en plastique pour l’essentiel mais aussi polystyrène et un nombre incalculable de chaussures. Avec un peu de patience, on trouverait la paire ! Aussi la gestion des ordures locales est-elle problématique. Comme nombre de croisiéristes, nous brûlons nos poubelles : les boîtes de conserve et les pots en verre finiront par le fond à la prochaine navigation hauturière.

A Calubir, on cuisine la coco à gogo.

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Riz au lait de coco pressé par nos soins, flancs coco, pain et gâteau à la coco râpée, boisson à l’eau de coco, confiture de noix de coco… ; comme les insulaires, nous faisons honneur à l’unique fruit disponible en quantité sur ce territoire maritime. Quand les Kunas ramènent du continent montagneux et sauvage fruits et légumes issus de la montagne, nous autres croisiéristes ne pouvons compter que sur le ravitaillement des lanchas qui sillonnent, au petit bonheur la chance, les mouillages. A moins de rallier une des îles-villages sans assurance que les quelques épiceries seront achalandées en frais.

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A Akuadargana, la faune sous-marine est à double tranchant.

 

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Méduse physalie ou galère portugaise.

 

Dans 50 cm d’eau, Jean-Marie fait connaissance avec une raie pastenague enfouie sous le sable. A peine a-t-il effleuré sa queue qu’il ressent une douleur fulgurante à l’orteil. Deux heures à taper du poing et à serrer les mâchoires le temps que l’effet du venin se dissipe. Puis 3 jours de convalescence afin que la plaie cicatrise. Erell, elle, s’enfonce dans la voûte plantaire la pointe d’un lambi, ces coquillages délicieux que l’on mange en carpaccio. Même tarif que son papa. Avec la physalie, nous passons heureusement à travers les gouttes. Cette méduse, aux étonnantes couleurs fuchsia et mauve, se déplace à la surface de l’eau en utilisant son corps comme une voile. Suffisamment étrange pour donner envie de l’approcher. Mais ses filaments venimeux, pouvant mesurer 30 mètres, sont des plus toxiques.

A Walsaladup, on pénètre dans une hutte kuna.

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Toit de palmes, murs de bambous plantés verticalement, une ouverture unique, basse. Au sol, le sable caresse les pieds ; de part et d’autre de la pièce ronde, des hamacs endormis attendent leur heure tandis que les habits épars pendent sur les poutres. Aucun meuble. Dans cette lumière douce qui filtre à travers les lames des roseaux, l’ambiance est au chuchotement. Une deuxième hutte fait office de cuisine ; elle abrite le foyer, le chaudron et quelques ustensiles basiques. Les familles plus modestes dorment et mangent sont le même toit. Les habitations se situent au vent des îles, là où les « chitras », ces insectes piqueurs minuscules mais redoutables, ne peuvent s’établir. Les huttent regardent alors vers le grand large, l’horizon seulement barré par l’enceinte corallienne.

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A Caniturpo (Isla Verde), on ne se baigne que d’un orteil.

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A l’endroit exact de notre insouciante baignade familiale, nous apercevons, une heure plus tard, un crocodile d’un bon deux mètres évoluant lentement entre les bateaux au mouillage. Stupeur et tremblement. Les crocodiles de mer, qui peuvent atteindre 6 mètres, vivent dans les estuaires et les mangroves mais certains peuvent s’aventurer en mer. Une attaque avait défrayé la chronique en 2016 et, depuis, l’île Verde est devenue persona non grata. Mais, à interroger les autochtones, nombre d’îles ont leur croco attitré qui se balade d’une ancre à l’ancre, se prélasse sur la plage ou se camoufle dans les palétuviers.

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A Walsaladup, Coline et Erell sympathisent avec de jeunes Kunas.

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De janvier à février, les enfants passent les vacances sur les îlots où vivent, à l’année, des membres de leur famille et, parfois, leurs père et mère. Le reste de l’année, ils habitent les îles-villages, plus proches du continent, qui disposent d’écoles primaires et de collèges où l’enseignement bilingue est dispensé en kuna et espagnol.

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A Tiadup, le traditionnel chemisier kuna nous est offert en cadeau.

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La blouse met en valeur les fameux mollas qui constituent l’artisanat emblématique des San Blas. Ces pièces de tissus dessinent, par superposition, des motifs géométriques complexes ou diverses figures zoomorphiques (perroquet, poisson, oiseau…). Avec les winnis – parures de perles décorant avant-bras et jambes –, les mollas constituent la tenue des Kunas ayant dépassé la fleur de l’âge. Assises sur le pas de leur porte, ces femmes ne comptent pas leurs heures à coudre, broder, assembler les perles de corail afin de fabriquer une tenue dont elles sont fières et qui est leur seule ressource marchande.

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A Sibadup, la mer ressemble à une palette d’aquarelliste.

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Comme aux Bahamas, la lumière offre des dégradés des bleus époustouflants, allant de l’anthracite au blanc laiteux. Les petites plages sont souvent léchées par des piscines d’eau translucide où les enfants ont partout pied : un lagon rien que pour eux.

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7 réflexions sur “L’improbable archipel des San Blas

  1. M/P GROSSO dit :

    Trop contents de vous retrouver…..Vos récits continuent à nous subjuguer…Votre aventure est vraiment riche d’enseignements et de modestie . Bonne continuation, avec toute notre amitié
    Monique et Patrick

    J'aime

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