Tikal, cœur du monde maya

Tikal38 06092017Au nord du Guatemala, dans la région du Peten, la forêt tropicale abrite l’une des plus importantes cités mayas jamais fouillée. Tikal, du haut de ses pyramides, témoigne de la gloire d’une civilisation étonnante.

Sur la route d’El Remate, des panneaux signalétiques pour le moins incongrus avertissent les automobilistes. Des triangles jaunes préviennent du surgissement de dindons, de coatis et de félins ! « On va voir des jaguars ?, demande Erell excitée. Euh ! de loin, j’espère ! » Vaste parc national (576 km2), Tikal est aussi le lieu de vie d’une faune variée. Après avoir franchi la barrière d’entrée, nous empruntons l’une des allées qui pénètrent dans la jungle. Celle-ci grouille d’animaux : singes-araignées se balançant au dessus de nos têtes, coatis détalant à nos pieds et se chamaillant comme des oursons. A peine dissimulé par la végétation, un dindon ocellé pavane son plumage piqué de mille couleurs. On est sous le charme. Tout en demeurant aux aguets. Où est notre jaguar ? S’ils ont de la chance, les visiteurs peuvent aussi croiser des porcs sangliers, des singes hurleurs, des toucans, des vautours noirs, de grands faisans, des perroquets et même des crocodiles…

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Nature et culture étroitement liées

Le site archéologique s’étend sur 16 km2, superficie loin d’avoir été totalement fouillée – on suppose que la cité comprenait, à son apogée, pas moins de 3000 structures. Au bout d’une demi-heure de marche, nous apercevons le premier monument. L’acropole nord apparaît, prestigieuse, encadrée à chaque extrémité par un temple massif. Au centre de la place se tient le lieu des sacrifices (humains, rappelons-le), symbolisé par un petit cercle. Des cendres s’y trouvent encore comme si un feu venait de mourir. D’ailleurs, le site est connu comme « le lieu de la voix des esprits » même si Ti ak’al signifie, en maya, « là où il y a de l’eau, la lagune ». Paradoxe puisque les archéologues ont déterminé l’absence de source, de rivière, ou de lacs dans les environs. La cité a donc prospéré uniquement en stockant l’eau pluviale dans des réservoirs : un exploit ! Cependant, cette contingence naturelle explique l’extrême vulnérabilité de la cité lors de sécheresses prolongées. D’autres causes sont à l’origine du déclin. Les guerres alentour, amenant un flot de réfugiés, ont engendré un pic démographique tel que l’agriculture intensive s’est développée ; la zone a alors souffert de déforestation. C’est vraisemblablement la dégradation de l’environnement qui a précipité l’effondrement de la civilisation maya classique.

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Mythe de la cité perdue

Nous passons devant de nombreux édifices, temples, pyramides, stèles, autels dont certains sont grignotés par la végétation gourmande, voire engloutis par la jungle. Découvert en 1848 par le colonel Modesto Mendez et Ambrosio Tut, Tikal devait être, à l’époque, quasi complètement recouvert par la forêt. Aujourd’hui encore, la lutte est quotidienne pour garder la jungle et son entrelacs de lianes et de fougères arborescentes à bonne distance des ruines.

Nous continuons à arpenter les allées, nous arrêtant devant certaines constructions afin d’imaginer la vie à l’époque. Si Tikal a été occupé dès -800, la période faste se situe entre 200 et 900 après J.-C. La cité a compté jusqu’à 90 000 habitants et a vu se succéder 33 rois aux noms pour le moins poétiques : Feuille-Jaguar, Soleil Noir, Griffe d’Oiseau ou, en maya, K’an Chitam, Nuun Ujol Chaak, Ix Yo K’in… En revanche, à la différence du site de Copan, au Honduras, il n’existe plus guère de traces hiéroglyphiques. Seules quelques stèles témoignent de cette écriture pas totalement déchiffrée à ce jour.

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Sur le toit du monde maya

Le temple IV, surnommé « serpent à deux têtes », est devant nous. Stimulant les troupes (« une énorme glace pour celui qui arrive au sommet ! »), nous partons à l’ascension de ce géant de 65 mètres de hauteur. J’avais oublié que les filles détestent marcher mais adorent courir, grimper, escalader. Après une bonne centaine de marches, nous voilà, comme une poignée d’autres bienheureux, sur le toit du monde maya. C’est en effet la plus haute pyramide de Mésoamérique. Devant nous, la forêt s’étend à perte de vue, percée seulement par trois temples en pierre grise, colosses endormis, la tête dans les nuages. La vue est hypnotisante, je voudrais y rester des heures. Je repense à Jéromine Pasteur, navigatrice au long cours qui, dans les années 1980, s’est établie en Amazonie, partageant la vie des indiens Ashanincas au cœur de la jungle. Elle a retranscrit cette expérience dans plusieurs livres, Chaveta et Selva Sauvage.

Tikal50 06092017Tikal49 06092017« Est-ce que c’est plus haut que la Tour Eiffel ? demande Coline pour qui Paris reste la référence bien qu’elle n’y soit, à son grand dam, jamais allée. Non, un peu moins mais c’est l’équivalent. Désormais, tu pourras dire que tu es montée sur la Tour Eiffel maya. ». J’observe la « selva » et j’observe mes enfants. Je suis très fière d’elles. Levées aux aurores, après avoir voyagé 7 heures en bus la veille, elles marchent depuis 6 heures sous la chaleur et gravissent quantité de marches. D’admirer la splendeur d’un panorama, d’une civilisation, nous renvoie à ce qu’il y a de grand en nous, c’est un baume sur tous nos manquements, nos incertitudes, nos inquiétudes.

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Plus rien de Barbuda ?

Antigua1522 27 février 2017Je revois les photos que nous avions prises en mars 2016 de l’île de Barbuda et je ne comprends pas. Quoi ? il ne reste plus rien de ce paradis ?

L’ouragan a tout dévasté ? Saint-Martin, Saint-Barth’, les Îles Vierges Britanniques, les Bahamas, Cuba…, ont aussi subi la furie des éléments. Et s’apprêtent, hélas, à recevoir le passage d’autres cyclones : Harvey, Irma, Jose, Katia, stop ! Plus que jamais, je mesure la réalité de la saison cyclonique. Je pense aux habitants de ces lieux enchanteurs : comment peut-on vivre dans une telle désolation ?

Rendre ce qui a été donné ?

Je ressens aussi une impression de dette. Nous avons profité de ces plages belles à couper le souffle, nous avons partagé des moments d’amitié avec les habitants de ces Îles. Aujourd’hui, j’ai la sensation d’avoir un crédit chez eux : un crédit d’images, de moments de félicité, de liberté, de nature pure. Comment rendre ce qui a été donné ?

Dans le sillage de Balanec : un an déjà

Traversée17 16112016

17 pays visités et 120 escales (soit une tous les 3 jours !) : de 2016 à 2017, l’eau a coulé sous la coque de Balanec. En traçant la route parcourue sur une carte, d’excellents moments remontent à la surface.

Le 12 juillet, nous larguions les amarres de Camaret-sur-Mer, dans le Finistère, pour notre première grande traversée en famille : le golfe de Gascogne. L’Espagne, notre défi nautique initiatique, a ensuite ouvert la voie à d’autres possibles : Madère, les Canaries, les Antilles et pourquoi pas Cuba ?

La page « Parcours de Balanec en Atlantique » liste les contrées visitées et, à chaque fois, l’article directement inspiré par cette étape. Une sorte de catalogue de voyages qui peut donner des idées parce qu’en juillet, on peut rêver de vacances non ?

Quelle destination vous mettrait des paillettes dans le regard ?